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ARTICLESPrévention et coopération : recherche et sauvetage dans les parcs nationaux du NunavutLa réponse aux appels de détresse provenant de balises de localisation personnelles, les recherches en motoneige à -40 °C, l’évacuation d’alpinistes sur des falaises de 1 000 pieds ou de randonneurs blessés aux plus hautes cimes et l’effarouchement d’ours blancs pour protéger les visiteurs des parcs sont plusieurs services de recherche et de sauvetage (R-S) offerts dans les parcs nationaux du Nunavut. Malgré les interventions spectaculaires occasionnelles de R-S, le programme de R-S de Parcs Canada au Nunavut se fonde essentiellement sur les principes élémentaires de la prévention et de la coopération. Le Nunavut est un territoire aux phénomènes extrêmes : la température, les intempéries, la durée du jour (ou de la nuit) et l’éloignement. Pour cette raison, on pourrait facilement croire que peu de personnes visitent le territoire ou que les résidents ne quittent jamais leur intérieur douillet. En réalité, les visiteurs du territoire et les Nunavummiut (résidents du Nunavut) parcourent abondamment les terres en toutes saisons et participent activement à une gamme d’activités traditionnelles et modernes. Qu’ils soient Inuits, nordistes ou visiteurs, les personnes qui parcourent le Nunavut peuvent faire face à de nombreux dangers causés par la faune, le terrain accidenté, le climat et l’isolement, d’où vient parfois le besoin de recourir à la R-S. Plusieurs des personnes qui s’aventurent sur les terres à partir des collectivités du Nunavut passent ou voyagent par l’un des quatre parcs nationaux du territoire : Auyuittuq, Quttinirpaaq, Sirmilik et Ukkusiksalik, qui couvrent au total plus de 100 000 kilomètres carrés, soit une région approximativement le double de la Nouvelle-Écosse. Dans les limites des parcs, l’Agence Parcs Canada doit assurer la sécurité publique, ce qui comprend parfois l’exécution d’opérations de R-S. En moyenne, plus de 1 000 touristes entrent dans les parcs chaque année, de même que des Inuits encore plus nombreux qui ne sont pas tenus d’enregistrer leurs déplacements dans les parcs. Les quelque 25 membres du personnel répartis dans les quatre parcs seraient rapidement dépassés si ce n’était du souci d’empêcher les incidents avant qu’ils ne surviennent et aussi de la coopération avec les partenaires en R-S locaux et régionaux. Dangers éventuels
Les ours blancs, les avalanches, le passage des cours d’eau dangereux, la glace mince, l’hypothermie, l’inaccessibilité et le peu de moyens de communication fiables sont quelquesuns des dangers auxquels on peut faire face dans les parcs nationaux du Nunavut. Ces dangers ont souvent des conséquences désastreuses, découlant à la fois des dangers mêmes et de la difficulté à effectuer des opérations de R-S sur de vastes terres avec des ressources minimes. Dans un tel contexte, la prévention des incidents devient extrêmement importante. Pour ce faire, Parcs Canada doit comprendre la nature des dangers et leurs mesures d’atténuation, puis y sensibiliser le public. Heureusement, Parcs Canada peut mettre à contribution des connaissances abondantes sur les dangers et les mesures d’atténuation efficaces des aînés et d’autres membres expérimentés des collectivités inuites locales voisines des parcs. Parcs Canada peut compter sur les connaissances locales, ainsi que celles des spécialistes, pour sensibiliser les usagers des différents parcs aux dangers éventuels et pour concevoir des programmes de sensibilisation pertinents à leur intention. Sensibilisation des visiteurs à la sécurité
Les visiteurs commencent souvent à se sensibiliser à la sécurité avant leur arrivée au Nunavut, soit en visitant le site Web de Parcs Canada, soit en recevant des renseignements par courriel ou téléphone. Avant leur départ, les visiteurs reçoivent une trousse leur faisant part des dangers éventuels et des mesures à prendre pour rendre leur voyage plus sécuritaire. À leur arrivée dans la collectivité locale, ils doivent participer à une séance d’orientation avant même d’entrer dans le parc, pendant laquelle un membre expérimenté du personnel de Parcs Canada passe en revue les dangers propres à leur plan de voyage et vérifie si leur expérience, leur équipement et leur plan correspondent à la gravité des dangers auxquels ils pourraient faire face. Le personnel met l’accent sur l’autonomie, de sorte que les visiteurs comprennent qu’ils doivent être suffisamment bien préparés pour gérer les risques et assurer au besoin leur propre sauvetage. Pendant qu’ils sont dans le parc, les visiteurs peuvent obtenir des renseignements récents en communiquant par téléphone ou radio satellite avec un bureau du parc ou encore rencontrer des employés du parc en patrouille. Parce qu’ils sont Inuits, la plupart des membres des collectivités locales ne sont pas tenus de participer aux séances d’orientation obligatoires avant d’entrer dans les parcs. Parcs Canada offre à ces usagers une formation en sécurité dans le cadre de programmes scolaires et d’information publique. Les programmes portent principalement sur les dangers occasionnés par les activités auxquelles se livrent les résidents locaux dans les parcs et ils s’appuient souvent sur les connaissances locales ou la coopération des diverses communautés. En outre, les employés des parcs affichent les conditions météorologiques et l’information actuelles sur les dangers, notamment la température et la condition de la glace de mer, ou font rapport des dangers dans les secteurs particuliers des parcs utilisés pour les déplacements ou les activités traditionnelles. Coopération Même si les parcs nationaux au Nunavut sont vastes, les opérations sont réalisées uniquement par quelques employés saisonniers ou à temps plein, ainsi qu’avec un matériel restreint servant à assurer la sécurité publique. Heureusement, nos programmes de prévention, combinés à la solide connaissance du terrain et à l’autonomie de la majorité des usagers des parcs, permettent de réduire le nombre d’incidents, qui se chiffrent à quelques-uns seulement chaque année. Malheureusement, les incidents qui se produisent, même s’ils semblent mineurs, entraînent souvent des complications en raison des grandes distances à franchir, du terrain accidenté, de la température imprévisible et des ressources limitées. Ces complexités, conjuguées aux limites des parcs impossibles à discerner dans le paysage et aux opérations de sauvetage auxquelles peuvent prendre part plusieurs administrations territoriales, exigent une coopération soutenue entre Parcs Canada, les équipes de R-S bénévoles locales, ainsi que les ministères ou organismes publics, tant territoriaux que nationaux.
Chacun de ces partenaires peut offrir sa propre contribution aux opérations de R-S. Le personnel de Parcs Canada possède souvent une formation spécialisée (p. ex., sauvetage après une avalanche et dans des crevasses, secourisme avancé et sauvetage en eau vive), ainsi que l’équipement requis (p. ex., civières, réchauffeurs à oxygène et les véhicules et navires d’intervention). Les équipes de R-S bénévoles locales, en collaboration avec l’Organisme des mesures d’urgence du Nunavut, peuvent habituellement mobiliser de nombreux chercheurs, connaissent intimement la région et coordonnent la majorité des services logistiques locaux requis pour les recherches. Dans le cadre des recherches de grande envergure ou lorsque doivent intervenir des ressources spécialisées, le ministère de la Défense nationale, notamment les Rangers, et aussi la Garde côtière peuvent être appelés à prendre part aux secours. Ces partenariats ne sont pas seulement fondés sur des ententes officielles. À l’échelon local, le personnel des parcs et les équipes bénévoles de R-S peuvent collaborer aux incidents et à la formation, se consulter pour évaluer des risques ou des plans de sécurité et s’offrir un soutien réciproque pour élaborer de nouveaux projets. Dans la majorité des collectivités, les employés de Parcs Canada sont des membres actifs des équipes de R-S et prennent part aux réunions, aux exercices et aux interventions lors des incidents. Parcs Canada affecte souvent du personnel et du matériel aux incidents de R-S hors du territoire des parcs, et les équipes bénévoles de R-S secondent aussi Parcs Canada pendant des opérations de R-S dans les parcs. Comme dans tout partenariat, des problèmes peuvent survenir mais, grâce à l’esprit de coopération ancré dans la culture des Inuits, ceux-ci sont rapidement réglés pour qu’on porte secours à toute personne blessée ou disparue. La prestation de services de R-S dans les parcs nationaux du Nunavut peut sembler une tâche redoutable, mais grâce à la sensibilisation du public et à la collaboration au sein d’une équipe de R-S élargie, Parcs Canada s’emploie à atteindre son objectif, notamment offrir une expérience sécuritaire et agréable à tous les usagers des parcs.
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